Écrans : comment aider enfants et ados à grandir avec, plutôt que contre ?

80 % des 11-15 ans ont un smartphone. Faut-il s’inquiéter ? Le dossier de La Santé en action fait le point : ce qui est prouvé, ce qui reste à nuancer, et surtout ce qui marche pour aider enfants et ados à trouver leur équilibre. Sans alarmisme, avec des pistes concrètes pour agir.

Résumé

Le dossier « Grandir avec les écrans » de La Santé en action (n° 474, Santé publique France, 2026) fait le point sur la place du numérique dans la vie des enfants et des jeunes. Les chiffres montrent un équipement massif : 80 % des 11-15 ans ont un smartphone personnel, et le temps d’écran passe de 1 h 22 par jour chez les 3-5 ans à 2 h 33 chez les 9-11 ans. Ces usages sont marqués par de fortes inégalités sociales : les enfants des familles moins diplômées passent plus de temps devant les écrans. Certains effets sur la santé sont aujourd’hui établis, comme le manque de sommeil, la sédentarité et les troubles de la vue. Pour la santé mentale, les écrans semblent surtout aggraver une fragilité déjà présente, sans lien de cause démontré. Chez les tout-petits, les effets sur le développement sont réels mais modestes une fois le milieu social pris en compte. Les violences en ligne progressent, comme le montrent les 44 028 sollicitations reçues par le 3018 en 2025.

Au-delà du constat, le dossier insiste sur un message clé : la réponse ne peut pas reposer sur les seules familles. Il faut aussi agir sur la conception des plateformes, qui cherchent à capter l’attention des jeunes, et sur les milieux de vie comme l’école ou le quartier. Plusieurs actions de terrain sont présentées : ateliers pour renforcer les compétences des parents, éducation aux médias, élèves ambassadeurs, défi « 10 jours sans écrans », ou encore outils simples comme la « Main de la santé mentale ». Ces actions partagent une même approche : informer sans culpabiliser, proposer des alternatives aux écrans et donner aux jeunes un vrai pouvoir d’agir. Les jeunes eux-mêmes portent un regard lucide sur leurs usages et demandent surtout de l’accompagnement plutôt que des interdictions. Le dossier invite ainsi parents, professionnels et pouvoirs publics à travailler ensemble pour un numérique plus sûr et plus équitable.

Bloc 1 – Repères

2. Référence

Soleymani D., Lydié N., Caron F.-M., Clavagnier I., Roberge M.-C., Salomon D. (coord.). « Grandir avec les écrans ». La Santé en action, n° 474, juillet-septembre 2026, dossier p. 4-39. Santé publique France. ISSN 2270-3624. DOI : non précisé. Lien direct : non précisé. Français. Accès libre (licence CC BY 4.0).

Grandir avec les écrans – La Santé en action, 2026, n°474

Santé Publique France

https://inpes.santepubliquefrance.fr/index.php/sante-mentale/depression-et-anxiete/magazinesrevues/grandir-avec-les-ecrans-la-sante-en-action-2026-numero-474

3. Type de document

Rapport

4. Contexte

France surtout, avec des apports du Québec, d’Allemagne et de Finlande. Famille, école, petite enfance, soin. Jeunes de 0 à 24 ans.

Bloc 2 – Comprendre

5. En une phrase

Les écrans font partie du quotidien des enfants. Certains risques pour la santé sont établis. La réponse ne peut pas reposer sur les seules familles : il faut aussi agir sur les plateformes, l’école et les milieux de vie.

6. La question posée

Quelle place les écrans prennent-ils dans la vie des jeunes ? Quels sont leurs effets sur la santé ? Quelles actions aident à un usage équilibré ?

7. Comment ?

Le dossier rassemble une trentaine de contributions : grandes enquêtes nationales (Enabee, EnCLASS, cohorte Elfe), expertises collectives (Anses, commission Enfants et écrans), revues de littérature (INSPQ), entretiens avec des professionnels et retours d’expérience de terrain. L’intelligence artificielle et les objets connectés sont exclus.

8. Ce que montre l’article

  • Un équipement massif. 80 % des 11-15 ans ont un smartphone personnel. Le temps d’écran moyen passe de 1 h 22 par jour chez les 3-5 ans à 2 h 33 chez les 9-11 ans.
  • De fortes inégalités sociales. Chez les 3-5 ans, 72,1 % dépassent une heure par jour dans les familles sans bac, contre 35 % dans les familles les plus diplômées.
  • Des effets établis sur le sommeil, la sédentarité et la vue. Pour la santé mentale, les écrans aggravent surtout une fragilité qui existe déjà ; le lien de cause n’est pas établi.
  • Des effets à nuancer chez les petits. Dans la cohorte Elfe, une fois les facteurs sociaux pris en compte, les effets sur le développement cognitif deviennent modestes. Seule exception notable : la télévision allumée pendant les repas, liée à un langage moins développé.
  • Des violences en ligne en hausse. Le 3018 a reçu 44 028 sollicitations en 2025. L’extorsion sexuelle représente un tiers des faits à caractère sexuel.

9. Limites

  • Le dossier mêle des sources de solidité très différente : cohortes, sondages, avis d’experts, témoignages.
  • Beaucoup de données sont déclaratives (parents, jeunes) et transversales, c’est-à-dire prises à un seul moment.
  • Les évaluations des actions de terrain reposent souvent sur des questionnaires volontaires et sans groupe de comparaison.

10. Niveau de confiance

Confiance 2 – Solide : résultats crédibles, avec des limites connues.

a ✓ · b ✗ · c ✓ · d ✓ · e ✓ = 4/5

Bloc 3 – Regard ONDES

11. Ce que nous en retenons

C’est une synthèse française très complète et à jour, utile pour prendre du recul. Son intérêt principal est de faire passer la question de la responsabilité individuelle à l’action collective : conception des plateformes, environnements, normes sociales. Les intertitres parlent de « risques avérés », mais plusieurs articles appellent à la nuance, notamment celui sur la cohorte Elfe. Ce point rejoint d’autres travaux qui trouvent des effets moyens modestes, comme ceux d’Orben et Przybylski (2019). La parole des jeunes, lucide et non hostile aux écrans, est bien mise en valeur.

12. Pour qui, et qu’est-ce que ça change ?

  • Parents : l’exemple compte. Vos propres usages influencent ceux de vos enfants, surtout avant 3 ans.
  • Éducateurs : des outils évalués existent : PSFP, Protect, éducation aux médias, actions entre pairs.
  • Jeunes : votre regard critique est reconnu. Vous pouvez participer aux solutions.

13. Ce qui protège, ce qui aide

  • Le dialogue parent-enfant sur les usages réels, sans jugement (compétence en jeu : communication).
  • Comprendre comment les plateformes captent l’attention (pensée critique).
  • Des loisirs hors écran accessibles et attrayants (autorégulation).

14. Vigilance éthique

Libre arbitre et autonomie : le design des plateformes est conçu pour retenir l’attention, il ne faut donc pas en rendre les jeunes seuls responsables. Non-discrimination : les familles modestes sont plus exposées, et le discours ne doit pas les culpabiliser.

Bloc 4 – Agir

15. Pour en parler

« Quand est-ce que ton téléphone te fait du bien, et quand est-ce qu’il te gêne ? »

16. Pour essayer

Utilisez la « Main de la santé mentale » en famille ou en groupe. On passe en revue chaque doigt (sommeil, alimentation, émotions, activité physique, plaisir) en se demandant quel rôle y jouent les écrans. Puis chacun choisit un petit changement à tester pendant une semaine.

17. Pour aller plus loin

  • Fiche « Sommeil et écrans »
  • Fiche « Technoférence : quand l’écran des parents s’invite »
  • Fiche « Réseaux sociaux et santé mentale des ados »

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